Katia Guerreiro, de l’amour du fado

par camillebarbe

Katia-Guerreiro

Le 14 décembre dernier, Katia Guerreiro, l’une des plus grandes chanteuses de fado, a retrouvé la scène du Palais des Congrès, deux ans après son « plus beau concert » à l’Olympia. Mêlant les nouveaux titres de son nouvel album Até ao fim à ses interprétations les plus célèbres, la chanteuse portugaise de 38 ans a, une nouvelle fois, conquis le public français. Dans un entretien en français, elle s’est confiée en toute intimité sur ce lien particulier qui l’unit à la France mais aussi sur ses amis, ses amours, sa musique…

Caravela Mag’ : Voilà plus de trois ans que vous n’étiez pas revenue à Paris. Vous exprimez souvent le bonheur qui est le vôtre de revenir faire une petite visite. Quel est ce lien particulier qui vous unit à la France ?

Katia Guerreiro : Au début de ma carrière, je ne pensais pas que je pouvais exercer ce métier d’artiste. Je voyais ma vie complètement différemment [NDLR : Katia Guerreiro est médecin de profession]. Et le fado est arrivé pour rester, je le crois grâce au public français. A l’époque où j’ai commencé à chanter sur scène, il y a près de quinze ans, il voulait entendre et connaître les compositions de la grande chanteuse Amália Rodrigues. Aujourd’hui, les Français me connaissent bien. Ils savent que le fado est une chanson de vérité, d’émotions fortes, de sentiments intimes. Ils me suivent, écoutent mes chansons, comprennent l’évolution de ma carrière artistique. Pour tout cela, j’éprouve un réel sentiment de gratitude. L’année dernière, j’ai reçu la médaille de chevalier des Arts et des Lettres. Cet instant, très émouvant, est comme le miroir de ce lien qui m’unit à la France.

Caravela Mag’ : Vous venez de sortir votre nouvel album, Até ao fim, qui sera disponible en France au printemps prochain. On vous ressent, dans ce nouvel opus, plus apaisée…

Katia Guerreiro : C’est exactement ça ! Aujourd’hui, je suis en paix.

Caravela Mag’ : Pourquoi ?

Katia Guerreiro : Je crois que c’est grâce à la maternité. J’ai une petite fille de deux ans, Mafalda, qui me permet aujourd’hui de voir la vie avec simplicité, d’en ressentir l’essentiel, avec les autres et pour les autres… A la manière du Petit Prince de Saint Exupéry.

Caravela Mag’ : Cet album marque-t-il un tournant dans votre carrière ?

Katia Guerreio : Oui. J’ai travaillé avec mes musiciens de toujours, Joao Veiga, Paulo Valentim, Pedro Castro, Luis Guerreiro, Francisco Gaspar. J’ai conservé mes belles références à Amália Rodrigues ainsi qu’aux poètes portugais. Après Fernando Pessoa, António Lobo Antunes, j’ai repris Até ao fim, un texte de l’écrivain Vasco Graça Moura, décédé en avril dernier. Mais la réalisation de l’album a été confiée cette fois-ci à Tiago Bettencourt. En prenant cette responsabilité, il m’a aidé à être plus libre dans l’interprétation, la façon de laisser sortir mes émotions. C’est un musicien magnifique qui me connait depuis le début de ma carrière. Dans Até ao fim, il a fait renaître la légèreté des commencements, sans perdre la force de la voix.

Caravela Mag’ : À 38 ans, êtes-vous là où vous vouliez être ?

Katia Guerreiro : Oui, c’est ce que je souhaitais : partager, faire le bien autour de moi et donner mon cœur à travers la voix, l’âme, le corps.

Caravela Mag’ : Votre métier de médecin, que vous n’exercez plus depuis la naissance de votre fille, a contribué à ce que vous restiez proche du public ?

Katia Guerreiro : Bien sûr ! Lorsque l’on est confronté à la réalité de la vie tous les jours, à la souffrance, on sait ce qui habite les gens. Et ce dont ils ont besoin : d’amour.

Caravela Mag’ : Quel est votre fado préféré ?

Katia Guerreiro : Amor de Mel, Amor de Fel restera toujours la chanson qui a changé ma vie. Avec elle, je suis montée sur scène à Lisbonne pour la première fois. C’est elle qui m’a fait connaître. J’y reste très attachée.

Pour en savoir plus :

http://www.katiaguerreiro.com

 

 

 

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